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" Né à Lyon le 23
décembre 1900, étudiant en droit et lettres aux Facultés catholiques, en philosophie
avec Chevalier puis Brunschvicg à Paris, Jean Lacroix est agrégé en 1927, enseigne en
divers lycées puis à Lyon en khâgne de 1937 à sa retraite (1968). Il meurt le 27 juin
1986 à Lyon.
Issu d'un milieu conservateur, Lacroix découvre Blondel grâce au jésuite Auguste
Valensin et fréquente la Société lyonnaise de philosophie. Sa rencontre avec Mounier en
1928 lui fait découvrir un style d'engagement à la fois spirituel, intellectuel et
politique. Son parcours est désormais inséparable de celui de son ami et cadet, et de la
revue Esprit. Ni idéologie ni philosophie, le personnalisme est à ses yeux une
inspiration pour le philosophe qui transforme l'événement en expérience, partant du
vécu et l'analysant pour comprendre l'homme et éclairer sa conduite. L'incarnation selon
Péguy inspire cette pensée sévère pour les évasions spiritualistes et attentives aux
conditions économico-politiques, particulièrement à la médiation du droit.
Professeur à la méthode sûre et efficace, directeur d'une collection d'initiation
philosophique, il est aussi un étonnant diffuseur, dans une chronique mensuelle au Monde
-1944-1980) où il recompose avec rigueur et souci d'objectivité la pensée des auteurs
dont il traite. Il répond aux demandes d'explication de ses lecteurs avec la même
disponibilité qu'il accueille élèves et visiteurs.
Auteur de vingt ouvrages brefs et denses, de nombreux articles et conférences, notamment
en Pologne, il entretient un dialogue constant avec ses amis et philosophes - Jeanson,
Althusser, les universitaires, ses anciens élèves, à la Société européenne de
culture - et avec les intellectuels communistes qui éprouvent sa patience. Ami proche et
collaborateur de Perroux, lié à Beuve-Méry et au père Dabosville aumônier de la
Paroisse universitaire, il fait le lien entre Mounier et les catholiques sociaux. Il allie
la pleine adhésion à l'Eglise catholique et au culte de la liberté de l'esprit qui
l'amène à dénoncer cléricalismes et conformismes. Poursuivant l'élan révolutionnaire
des années 30 et soucieux de comprendre "l'homme marxiste" pour relever son
défi, il est un des artisans de l'évolution à gauche du monde catholique. A Lyon, en
étroite collaboration avec ses amis jésuites, universitaires et autres, il participe à
la vie culturelle et anime avec chaleur et humour pendant plus de trente ans, le plus
vivant des groupes "Esprit" de province."
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