Au nom des eleves des ecoles sociales
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Parmi les divers auditoires d'étudiants qui ont bénéficié de l'enseignement de Jean Lacroix, il en est un, probablement moins connu, celui des étudiants travailleurs sociaux. Tout jeune professeur, Jean Lacroix avait accepté de venir dans un centre de formation, aider les futures assistantes sociales que nous étions, à, réfléchir sur le sens de leur action. Dans les rubriques du programme proposé alors, traitant des courants de la pensée contemporaine, il intervenait sur les thèmes du personnalisme, du matérialisme historique et, plus tard, du mouvement anarchiste. Et à nous qui étions essentiellement tournées vers l'action, il apprenait à réfléchir, à prendre du recul, à analyser les faits sociaux et à connaître les doctrines philosophiques qui les sous-tendent. Nous recevions une véritable formation d'esprit qui nous préparait, peu à peu, à orienter notre action en fonction du développement de la personne humaine, dans le cadre « communautaire » de la société. Et je peux dire qu'à cette période de l'après-guerre jusqu'aux années 60 environ, par ses cours et par ses ouvrages tels que Le Personnalisme ou le sens du dialogue par exemple, Jean Lacroix a soutenu, je dirai « par le dedans » l'action sociale de cette génération de travailleurs sociaux bénéficiaires de son enseignement. Plus tard, lorsque les écoles de service social de Lyon mirent en commun une grande partie de leur potentiel de formation, Jean Lacroix accepta d'emblée l'élargissement de son auditoire primitif, et dans ce nouveau contexte, il enseigna une douzaine d'années. Nous sentions bien que cet auditoire, il l'aimait. Nous l'avons toujours trouvé disponible aux sollicitations des étudiants, heureux qu'il était d'arrêter son va-et-vient dans l'amphithéâtre pour dialoguer et répondre aux questions posées. Il accédait aussi aux demandes des praticiens du travail social désireux de « réactualiser » leurs connaissances philosophiques dans un monde en mutation. Des sessions furent organisées ; des professionnels, parfois nombreux, y venaient ainsi se « ressourcer ». Mais, quelles que soient les générations d'étudiants ou de professionnels, tous ceux que j'ai rencontrés... et ils sont nombreux, se souviennent unanimement : - de ce professeur, respectueux de son auditoire, des
opinions de chacun, aussi proche que possible de lui, ayant le souci d'une grande clarté
dans Pour des travailleurs sociaux affrontés à des réalités quotidiennes et difficiles, souvent individuelles mais dont les racines sont généralement sociales, c'était très « éclairant ». Dire ce souvenir, c'est le témoignage tout simple que les travailleurs sociaux qui l'ont connu, veulent porter à Jean Lacroix en signe de leur reconnaissance." Andrée POTET |
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REMODIFIE AU MOIS DE DECEMBRE 1999