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La classe dite de philosophie est sans doute la caractéristique essentielle de l'enseignement français. Tandis qu'à l'étranger la philosophie ne s'enseigne guère que dans les facultés, en France elle couronne les études secondaires. Seuls les régimes de tyrannie s'y sont opposés. La tradition libérale l'a toujours maintenue, y voyant la plus sûre formation de l'esprit de liberté. Sous Vichy les attaques recommencèrent : Charles Maurras prônait une philosophie, si l'on peut dire, dirigée, préférant Aristote à Platon, Bossuet à Fénelon, Comte et Bonald à Biran, tolérant Spinoza, mais interdisant Kant et Bergson, cependant qu'un vrai philosophe pourtant, M. Albert Rivaud, défendait une philosophie en quelque sorte réservée à une prétendue élite comme si en démocratie ce n'était pas le peuple tout entier qui eût besoin de connaître le meilleur. L'enseignement moderne, dit Alain, a commencé avec le catéchisme, c'est-à-dire au moment où les dépositaires du savoir décidèrent d'apprendre à tous justement ce qu'ils savaient de plus beau et de plus difficile. Aujourd'hui le problème s'est déplacé. Il n'en est que plus grave. Il ne s'agit plus de limiter l'enseignement philosophique, mais de l'étendre. La commission Langevin propose un horaire minimum de 7 h 30 de philosophie dans toutes les sections de la classe terminale du second degré ce qui est une mesure parfaite, à condition de maintenir une classe de philosophie proprement dite, où la philosophie ne soit pas une discipline parmi d'autres, mais le véritable couronnement des études secondaires. La refonte de tout notre enseignement ne pouvait pas ne pas remettre en question l'esprit même de l'enseignement philosophique, puisqu'il est la clé de voûte de notre système d'éducation. (15-16 septembre 1946.) |
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REMODIFIE AU MOIS DECEMBRE 1999